domenica 26 aprile 2026

Kisapmata (In the Wink of an Eye) - Mike De Leon

i film italiani sul padre padrone (non quello di Gavino Ledda filmato dai fratelli Taviani) di moglie e figlie sono cosette in confronto alla terribilità di questo film filippino.

maschilismo, patriarcato, violenza e incesto minacciano (e non solo) Mila e la madre.

Mila si sposa, nonostante le resistenze del padre, con un collega, Noel. 

assillati, stalkerizzati e minacciati i due sposini vivono giornate d'inferno (tutto il film è concentrato in poche settimane), devono fuggire, ma non serve a niente.

un gioiellino da non perdere, se lo trovate (per pochi giorni si può vedere qui)

buona (inquietante e senza speranza) visione - Ismaele

 

 

One Sunday in November, Mila (Charo Santos) announces to her father Dadang (Vic Silayan), a retired police officer, that she is pregnant, asking for permission to marry her co-worker Noel (Jay Ilangan). Tension mount as Dadong's unreasonable expectations for a dowry are not met and he exhibits an increasingly authoritarian streak. The couple marries and soon, Mila's father begins a game of exclusion and manipulation in the hopes of reasserting control over his kin. Based on the true crime reportage "The House on Zapote Street" penned by Nick Joaquin, Mike De Leon's KISAPMATA, beautifully restored in 4K by L'Immagine Ritrovata, is a stunning example of psychological horror; a film that meticulously tighten the noose around its characters' necks until the outcome feels inevitable — culminating in a brutal, unflinching portrait of the horrors of patriarchy at its most pathological.

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Une fois Mila de nouveau prise au piège malgré elle, la mise en scène fait de la maison un véritable personnage secondaire articulant les jeux de pouvoirs qui s’y jouent. Hormis deux envolées oniriques, le réalisateur délaisse les atmosphères gothiques qui donnaient également une importance majeure à la demeure de Itim, pour travail des motifs purement géométriques et de lignes de fuite. En journée les pièces du premier étage (les chambres et la salle de bain) sont des échappatoires à l’autorité du père régnant sur le rez-de-chaussée où il est le seul à recevoir des visites, où il est au centre de l’attention et le seul à avoir la parole – les compositions de plan lors des scènes de repas. La nuit venue, l’ombre s’étend et l’aura maléfique de Dadong avec. Il peut s’immiscer dans la chambre de Mila pour abuser d’elle, et garder tel un cerbère la porte d’entrée et l’accès au téléphone, seules ouvertures pour l’extérieur. Mike De Leon nous fait ressentir tout cela par les nuances de la photographie de Rody Lacap ainsi que par un jonglage habile entre plongées et contre-plongées pour exprimer ces sentiments de dominants/dominés – Noel ivre de colère qui se désagrège totalement lorsque Dadong l’écrasera de son regard…

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…Kisapmata est tiré d’un fait-divers, le meurtre en 1961 de sa famille par un ex-flic, immortalisé par le compte-rendu qu’en fit le journaliste et écrivain Nick Joaquin sous le titre The House on Zapote Street. Mike de Leon utilise ce point de départ pour brosser une critique acide de la dictature de Ferdinand Marcos et de la société patriarcale philippine, la maison de Dadong servant de parallèle à l’état du pays. Il dépeint par la même occasion une situation glaçante tristement réaliste d’emprise d’un homme sur son entourage. Mila ne peut se résoudre à partir, une inaction liée à la peur permanente dans laquelle elle baigne depuis sa naissance, cumulée au risque de perdre son emploi et que Dadong la rattrape grâce à son réseau dans la police ; sa mère n’a nulle part où aller et essaye de contenter son conjoint pour dévier la violence ; et leur bonne, probablement une campagnarde sans le sou, a besoin de son travail pour vivre. Même Noel s’écrase face à Dadong quand il doit le confronter.
Kisapmata est une tragédie oppressante dont on sait dès le début qu’elle va se terminer dans le sang (l’affiche d’origine spoile d’ailleurs allègrement la conclusion et j’ai dû me rabattre sur un poster alternatif d’une piètre qualité). Les interprètes sont excellents, la photographie est superbe, avec une magnifique restauration proposée par Carlotta en Blu-Ray. Les thèmes traités sont extrêmement durs, notamment celui de l’inceste, mais c’est fait de façon fine, sans voyeurisme ou excès. C’est à la fois un efficace thriller psychologique et un portrait juste de violences intra-familiales.

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