i film italiani sul padre padrone (non quello di Gavino Ledda filmato dai fratelli Taviani) di moglie e figlie sono cosette in confronto alla terribilità di questo film filippino.
maschilismo, patriarcato, violenza e incesto minacciano (e non solo) Mila e la madre.
Mila si sposa, nonostante le resistenze del padre, con un collega, Noel.
assillati, stalkerizzati e minacciati i due sposini vivono giornate d'inferno (tutto il film è concentrato in poche settimane), devono fuggire, ma non serve a niente.
un gioiellino da non perdere, se lo trovate (per pochi giorni si può vedere qui)
buona (inquietante e senza speranza) visione - Ismaele
One Sunday in November, Mila (Charo Santos) announces to her
father Dadang (Vic Silayan), a retired police officer, that she is pregnant,
asking for permission to marry her co-worker Noel (Jay Ilangan). Tension mount
as Dadong's unreasonable expectations for a dowry are not met and he exhibits
an increasingly authoritarian streak. The couple marries and soon, Mila's
father begins a game of exclusion and manipulation in the hopes of reasserting
control over his kin. Based on the true crime reportage "The House on
Zapote Street" penned by Nick Joaquin, Mike De Leon's KISAPMATA,
beautifully restored in 4K by L'Immagine Ritrovata, is a stunning example of
psychological horror; a film that meticulously tighten the noose around its
characters' necks until the outcome feels inevitable — culminating in a brutal,
unflinching portrait of the horrors of patriarchy at its most pathological.
…Une fois Mila de nouveau prise au piège malgré elle,
la mise en scène fait de la maison un véritable personnage secondaire
articulant les jeux de pouvoirs qui s’y jouent. Hormis deux envolées oniriques,
le réalisateur délaisse les atmosphères gothiques qui donnaient également une
importance majeure à la demeure de Itim, pour travail des motifs purement géométriques et de lignes
de fuite. En journée les pièces du premier étage (les chambres et la salle de
bain) sont des échappatoires à l’autorité du père régnant sur le
rez-de-chaussée où il est le seul à recevoir des visites, où il est au centre
de l’attention et le seul à avoir la parole – les compositions de plan lors des
scènes de repas. La nuit venue, l’ombre s’étend et l’aura maléfique de Dadong
avec. Il peut s’immiscer dans la chambre de Mila pour abuser d’elle, et garder
tel un cerbère la porte d’entrée et l’accès au téléphone, seules ouvertures
pour l’extérieur. Mike De Leon nous fait ressentir tout cela par les nuances de
la photographie de Rody Lacap ainsi que par un jonglage habile entre
plongées et contre-plongées pour exprimer ces sentiments de dominants/dominés –
Noel ivre de colère qui se désagrège totalement lorsque Dadong l’écrasera de
son regard…
…Kisapmata est tiré d’un fait-divers, le meurtre en 1961 de sa
famille par un ex-flic, immortalisé par le compte-rendu qu’en fit le
journaliste et écrivain Nick Joaquin sous le titre The House on Zapote Street. Mike de Leon utilise ce point de départ pour
brosser une critique acide de la dictature de Ferdinand
Marcos et de la société patriarcale philippine, la maison de
Dadong servant de parallèle à l’état du pays. Il dépeint par la même occasion
une situation glaçante tristement réaliste d’emprise d’un homme sur son
entourage. Mila ne peut se résoudre à partir, une inaction liée à la peur
permanente dans laquelle elle baigne depuis sa naissance, cumulée au risque de
perdre son emploi et que Dadong la rattrape grâce à son réseau dans la police ;
sa mère n’a nulle part où aller et essaye de contenter son conjoint pour dévier
la violence ; et leur bonne, probablement une campagnarde sans le sou, a besoin
de son travail pour vivre. Même Noel s’écrase face à Dadong quand il doit le
confronter.
Kisapmata est une tragédie oppressante dont on sait dès le début
qu’elle va se terminer dans le sang (l’affiche d’origine spoile d’ailleurs
allègrement la conclusion et j’ai dû me rabattre sur un poster alternatif d’une
piètre qualité). Les interprètes sont excellents, la photographie est superbe,
avec une magnifique restauration proposée
par Carlotta en Blu-Ray. Les thèmes traités sont extrêmement durs, notamment celui
de l’inceste, mais c’est fait de façon fine, sans voyeurisme ou excès. C’est à
la fois un efficace thriller psychologique et un portrait juste de violences
intra-familiales.
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